Dans l’obscurité

Moi, ce que j’aime, c’est les monstres, 2018, roman graphique, Éd. Monsieur Toussaint Louverture, Fauve d’or – Prix du Meilleur album 2019, Festival d’Angoulême

Dessinez au stylo à bille les formes de l’obscurité

L’obscurité joue avec les formes, les efface, les métamorphose, les dissimule et révèle parfois un monde nouveau.

Dans un premier temps, vous expérimenterez les variations possibles avec cet outil unique dans le cahier puis vous dessinerez sur un format A3 ou un format raisin ce que vous apercevez dans l’obscurité.

> Comment utilisez un outil, le stylo à bille, à des fins expressives ?

/Références :

_ Brassai 1899_1984

Avenue de l’observatoire dans le brouillard – 1934 , photographie, 29,3 x 38,7 cm
Silhouette féminine dans la nuit

_ William Turner 1775 _ 1851

Tempête de neige en mer – 1842, huile sur toile, 91,4 x 121,91, Tate gallery Londres

_ Ernst Ferdinand Oehme

Procession dans le brouillard- 1828 – huile sur toile, 81,5 × 105,5 cm, Galerie Neue Mester Dresde

_ REMBRANDT Harmenszoon van Rijn, habituellement désigné sous son seul prénom de Rembrandt / 1606_1669

les pèlerins d Emmaüs – Rembrandt – 1629 – huile sur panneau, 39 x 42 cm

La rencontre à Emmaüs, évoquée par l’apôtre Luc, est celle que les artistes ont le plus souvent représentée. Un fort sentiment religieux émane de la composition, caractérisée par sa grande justesse. Les convives sont attablés, la servante s’affaire dans l’arrière salle : cela pourrait être une simple scène d’auberge. Cependant, par un puissant effet de contre-jour, la scène est transfigurée : une source lumineuse est placée derrière le Christ qui se découpe en silhouette immatérielle. Ce rayonnement mystérieux suffit à révéler la nature divine du Christ. Rembrandt rend visible ce phénomène surnaturel à l’aide d’une technique déjà ancienne – le clair-obscur – qui produit un puissant effet dramatique.

> Le récit biblique : L’épisode des Pèlerins d’Emmaüs a, pour texte-source, L’Évangile de Luc (24-35). Après sa mise au tombeau, le Christ ressuscite le jour de Pâques et son tombeau est retrouvé vide. Alors que deux apôtres marchent sur la route allant de Jérusalem au village d’Emmaüs, Jésus les rattrape et fait le chemin avec eux. Il leur demande le propos de leur conversation. Ils évoquent avec une grande tristesse la mort du « grand prophète Jésus de Nazareth » et leur stupeur à la nouvelle du tombeau vide. Près du village d’Emmaüs, après leur avoir interprété les Ecritures, Jésus fait mine de s’éloigner. Mais les deux apôtres le prient de partager leur repas. C’est lorsqu’il prend le pain, qu’il prononce la bénédiction et le leur donne, qu’ « Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent, mais il disparut devant eux. »

_ Georges De La Tour 1593_1652

Le nouveau-né -1648 – huile sur toile – 76 x 91 cm – musée des beaux arts de Rennes

/ Au bic :

_ Jan Fabre

Les années de l’heure bleue – exposition à St Etienne – détail – 1977-1992,
Les années de l’heure bleue – exposition à St Etienne – 1977-1992,

_ Emil FERRIS

Moi, ce que j’aime, c’est les monstres, 2018, roman graphique, Éd. Monsieur Toussaint Louverture, Fauve d’or – Prix du Meilleur album 2019, Festival d’Angoulême

_ Exposition La Collection d’art contemporain BIC au CENT QUATRE, Paris, 2018

/ Notions :

_ CLAIR-OBSCUR

Dans le monde tangible, un clair-obscur, qui par définition, associe clarté et obscurité, présente une lumière douce, tamisée, diffuse. Mais c’est aussi la pénombre (surface incomplètement éclairée) qui peut se déceler jusque dans le système solaire par une zone d’ombre entourant un astre partiellement visible.

Dans un tableau, un dessin, une gravure, c’est l’art de distribuer et de moduler la lumière sur un fond sombre, suggérant ainsi le relief et la profondeur par un jeu de contrastes plus ou moins accentués. Le clair-obscur en peinture peut dissoudre la forme d’un objet ou d’un personnage dans le tableau.

Le sens figuré du clair-obscur est aussi présent en peinture, révélant une partie de l’âme caractérisée par la vie inconsciente et mystérieuse de ce qui échappe à la raison. La nuit est en ce sens un merveilleux terrain d’expression de ces perceptions et expériences vécues. Le genre du nocturne dévoile souvent des compositions mystérieuses qui mettent en scène des sources lumineuses indistinctes et des ombres changeantes.