Remake

« L’art se nourrit de l’art. »

                                   André MALRAUX

Choisissez une oeuvre et refaites-là !

> Comment une œuvre peut devenir support de création ?
> Comment marquer sa différence tout en empruntant aux oeuvres ?

/Appropriation : procédé qui consiste à utiliser une œuvre existante, un objet, une démarche, etc.

/Citation : Emprunt, parfois simplement évocation, et intégration à une œuvre d’une partie, de la totalité ou d’une particularité reconnaissable d’une autre œuvre. Différente du plagiat, elle s’affiche en tant que telle, en hommage ou en simple référence.

/ Emprunt :  Selon SOURIAU, l’emprunt en esthétique est ce qu’un artiste va puiser, prélever, prendre dans l’œuvre d’un œuvre afin de l’incorporer dans sa propre pratique. Si la source n’est pas citée volontairement l’emprunt se fait plagiat, si c’est involontaire cela s’apparente alors à une réminiscence. Le véritable emprunt est donc conscient et exposé comme tel, il se revendique comme un hommage à une œuvre externe, une « marque d’admiration, d’estime, d’affection » d’un auteur à un autre.

/Parodie : La parodie est une forme d’humour qui utilise le cadre, les personnages, le style et le fonctionnement d’une œuvre ou une institution pour s’en moquer.
Elle se base entre autres sur l’inversion et l’exagération des caractéristiques appartenant au sujet parodié

/Détournement : Procédé artistique qui consiste à s’approprier une œuvre ou un objet et à l’utiliser pour un usage ou une représentation différents de l’usage ou la représentation d’origine.

Le détournement est une pratique inventée par les situationnistes dans les années 1950 mais qui puise sa source dans la démarche singulière de Marcel DUCHAMP. A l’instar d’un roi Midas qui a la possibilité matérielle de transmutation des matériaux, l’artiste « iconoclaste » s’arroge le droit de changer le statut d’un objet manufacturé en objet artistique. Ces nouveaux objets appelés « ready- made » (« prêt à porter », « sur mesure » ou encore « prêt à l’emploi »), par l’artiste dans la lettre à sa sœur Suzanne du 15 janvier 1916. Ces objets ont le sens de « tout fait » sans finalité romantique, impressionniste ou cubiste.
La nouvelle catégorie « d’objet dard » apparaît avec l’érection d’une roue de bicyclette (à l’envers) sur un tabouret en 1913.
L’artiste ne fabrique plus de lui-même l’objet artistique : la Roue de bicyclette, 1913-1964, il se contente de le choisir (sur un principe d’indifférence), et de lui attribuer comme support un autre objet remplissant la fonction (nouvelle) de socle.
La définition du détournement « s’emploie par abréviation de la formule : détournements d’éléments esthétiques préfabriqués. » lors de l’Internationale en juin 1958. A la différence de l’appropriation, le détournement éloigne le matériau choisi de façon critique de son contexte original, de son environnement initial pour contribuer à l’ambition d’une « construction supérieure du milieu » voulue et désirée par les situationnistes.

/ Imitation : action de reproduire volontairement ou de chercher à reproduire une apparence, un geste, un objet, un acte ou une personne.

/ Modèle : objet, œuvre, image, attitude, démarche, personnage etc. réels ou imaginaires, susceptibles d’inspirer ou d’être reproduits, imités, photographiés, filmés ou interprétés.

/Références :

RAPHAEL (1483-1520), La Fornarina, huile sur toile, 85×60 cm, Rome, Galleria Nazionale di Palazzo Barberini.
// SHERMAN Cindy (née en 1954), History Portraits, Untitled, 1989, photo couleurs, 136×102 cm, New-York, Metro Pictures.

CARAVAGE (1571-1640), David et Goliath, 1609-10, huile sur toile, 125×101 cm, Rome, Galerie Borghese.
// ERNEST-PIGNON-ERNEST (né en 1942), Naples, 1988, photographies de sérigraphies dans la ville, avec tête de Pasolini.

GOYA Francisco de (1746-1828), Las majas en el balcon, 1810-12,huile sur toile, 198,4×125,7cm, New-York, MOMA.
// MANET Edouard (1832-1883), Le balcon, 1868-69,169×125 cm, Paris, musée d’Orsay.

MAGRITTE René (1898-1967), Perspective II, Le balcon de Manet, 1950,
huile sur toile, 84×65 cm, Gand, Musée des Beaux-Arts.

INGRES Jean-Auguste-Dominique (1780-1867), Grande Odalisque, 1814,
huile sur toile, 91x162cm, Paris, Musée du Louvre.

// RAYSSE Martial (né en 1936), Made in Japan, Grande Odalisque, 1964,
peinture acrylique, verre, mouche, passementerie en fibre synthétique, sur photographie marouflée sur toile 130×97 cm, Paris, MNAM.

MANTEGNA Andrea (c.1431-c.1506), Lamentation sur le Christ mort, vers 1480-1506,
détrempe sur toile, 68×81 cm, Milan, Pinacothèque de Brera.

//PRAS Bernard (né en ), Inventaire 96, Le Christ de Loudun, 2009, Cibachrome sous Diasec, 160×120 cm, Bruxelles, Mazel Galerie , (photographie de l’installation anamorphique de vêtements dans la collégiale Sainte-Croix de Loudun et vision de trois-quarts de l’installation).


VINCI Léonard de (1452-1519), La Joconde, vers 1503-06,
huile sur bois, 77×53 cm, Paris, Musée du Louvre.

// Fernando BOTERO, Mona Lisa à l’âge de 12 ans, 1959, huile sur toile

//Marcel DUCHAMP, LHOOQ, 1919

/ Dossier distribué :

Analyse de l’oeuvre de Yue Minjun, Execution, 1995
Oeuvres possibles pour votre Remake

/ Notions :

Appropriation, détournement, parodie, copie, citation, emprunt, interprétation, modèle,

/ Compétences travaillées :

_EP : Exprimer, produire, créer (D1/D2/D4/D5)
EP2 : Réalisez une production artistique qui interroge les notions de copie et d’appropriation

_P : Mettre en œuvre un projet artistique (D2/D3/D5) :
P1. Organisez votre travail dans la préparation de votre projet (choisir votre oeuvre de référence, faire des croquis préparatoires dans le cahier) afin de le réaliser.

_ A : S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs; établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1/D3/D5)
A2 : Établissez des liens entre votre propre travail et l’ oeuvre rencontrée

/Travaux d’élèves :